Publication d'ouvrage : QUAND LE METAL FAIT RESONNER LA CHINE

  • Recherche
Publié le 11 février 2026 Mis à jour le 11 février 2026
Date(s)

le 11 février 2026

Lieu(x)

Université Côte d'Azur

Couv Metal
Couv Metal

Issu d'un Doctorat en anthropologie, cet ouvrage de William Spok est le résultat de plusieurs années de recherche consacrées à la scène métal chinoise, à ses origines, à ses évolutions et aux tensions esthétiques, politiques et identitaires qui la traversent.

Vingt ans après l’apparition du heavy metal en Occident, les premiers groupes de metal émergent en République populaire de Chine, avec en figure de proue Tang Dynasty. Leur statut de pionniers, ainsi que leur musique issue de la rencontre entre heavy metal et éléments empruntés aux musiques traditionnelles chinoises, marquent durablement la scène locale. Celle-ci n’aura de cesse, par la suite, de se réclamer de cet héritage ou, au contraire, de chercher à s’en affranchir.
Des débuts du metal en Chine aux processus contemporains de folklorisation assumée ou au rejet de l’injonction à « sonner exotique », les multiples incarnations du metal chinois se construisent à l’intersection de la mondialisation et d’enjeux nationaux et locaux. Certaines formations revendiquent ainsi une identité nationale pro-Han, tandis que d’autres défendent des formes d’identités chinoises alternatives, marginales ou critiques.
S’appuyant sur une enquête de terrain de neuf mois au cœur de la scène metal pékinoise, ainsi que sur l’analyse des supports de diffusion de la musique metal (pochettes d’albums, paroles, instruments, visuels scéniques, etc.), l’ouvrage interroge, depuis une position de chercheur-amateur, les identités et les imaginaires qui se font et se défont dans le metal chinois.
En se focalisant sur les acteurs de cette musique — principalement musiciens et producteurs — le metal apparaît comme un pont culturel, voire parfois comme un champ de bataille, entre des imaginaires locaux, nationaux et transnationaux. Loin de l’image « exotique » souvent véhiculée par la réception occidentale, la scène étudiée se révèle bien plus diversifiée et contrastée que ne le laissent penser les seuls groupes aux sonorités dites folkloriques.
L’ouvrage est précédé d’une préface de Nathanel Amar, chercheur reconnu pour ses travaux sur les musiques populaires et les scènes alternatives en Chine, auteur notamment de Scream for Life, consacré à l’histoire du punk chinois. Sa lecture attentive du manuscrit a permis d’en affiner et d’en approfondir certains aspects.