La faute de nos biais cognitifs, vraiment ? Comment cette notion fabrique l’inaction écologique

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Publié le 20 janvier 2026 Mis à jour le 20 janvier 2026
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le 20 janvier 2026

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Illust PY Clara
Illust PY Clara

Face à l’urgence écologique, l’inaction est souvent justifiée par nos biais cognitifs individuels. Mais cette lecture individualisante occulte l’essentiel. Des causes politiques, économiques et sociales sont à l’œuvre dans l’effondrement du vivant actuel. Deux psychologues et doctorant·es du LAPCOS s'associent à un écologue et chercheur d'ECOSEAS pour déconstruire ces récits en prenant pour exemple la gestion des océans.

Deux psychologues et doctorant·es du LAPCOS s'associent à un écologue et chercheur d'ECOSEAS pour déconstruire les récits écologiques liés au biais cognitifs.

Face à l’urgence climatique, pourquoi sait-on mais n’agit-on pas ? Telle est la question posée par l’activiste Camille Étienne dans son documentaire Pourquoi on se bat ? (2022). Parmi ses invités figure Sébastien Bohler, journaliste et chroniqueur, notamment connu pour son essai le Bug humain (2019). Dans l’ouvrage, il explique que notre cerveau privilégierait le court terme au détriment de la planète. Il en conclut qu’il faut rééduquer notre cerveau pour déclencher l’action collective.

Ce discours, qui attribue l’inaction écologique à des biais cognitifs, c’est-à-dire à des mécanismes automatiques du cerveau, est repris par de nombreuses communications grand public. Sa simplicité est séduisante, mais il pose plusieurs problèmes. En effet, il ne dit rien des écarts considérables de comportements que l’on peut observer entre individus ou sociétés, il occulte les facteurs politiques, économiques et culturels et surtout il offre un alibi aux industries qui ont tout intérêt à maintenir l’exploitation intensive de la nature

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